Evaluation transversale du PNRU en 2009

Le programme d’étude du CES pour l’année 2009 a été consacré à une évaluation transversale du PNRU. L’évaluation devait mesurer la manière dont le PNRU permet de mener, dans les quartiers les plus défavorisés, des projets intégrés et durables de développement urbain, économique et social.

Afin d’obtenir une lecture globale de la mise en œuvre et des effets de la politique de rénovation urbaine, cinq thématiques ont été étudiées : la diversification de l’habitat, la mixité fonctionnelle, le développement durable, l’école et l’articulation entre l’urbain et le social.

La diversification de l’habitat dans les quartiers en rénovation urbaine

La diversification de l’habitat a été présentée comme un élément clé de la doctrine de l’ANRU, devant permettre la réalisation de la mixité sociale. La « banalisation » recherchée pour les quartiers du PNRU devait passer par une transformation physique du bâti mais également par l’arrivée de promoteurs privés, une offre d’accession à la propriété et la construction logements locatifs « libres ». Six ans après les débuts de l’ANRU, la diversification, si elle effectivement eu lieu, a pris des formes très différentes selon les sites.

La mixité fonctionnelle dans les quartiers en rénovation urbaine

L’enjeu des équipements, des commerces et de l’activité économique est capital dans les quartiers en rénovation urbaine. Pourtant la mixité fonctionnelle n’est pas centrale dans les conventions ANRU. Les actions menées dans les sites laissent toutefois entrevoir une réflexion urbaine qui s’articule autour des aménités urbaines et qui renforce leur centralité.

La prise en compte du développement durable dans le cadre des projets de rénovation urbaine, sous l’angle de la mobilité et de la construction

Le développement durable est un objectif cardinal du PNRU. Même si les deux thématiques de mobilité et de construction peuvent paraître éloignées, elles reçoivent un traitement similaire de la part de l’ANRU. Toutes deux ne sont pas financées par l’ANRU, occupent peu de place dans les conventions et ne se calquent pas sur les délais imposés par la rénovation urbaine. En somme, ces projets dépendent essentiellement de la volonté et des moyens financiers des collectivités locales. Toutefois, il s’avère que l’ANRU par ses apports méthodologiques peut indirectement avoir un effet levier sur des projets concernés par ces thématiques.

La place de l’Ecole dans le cadre des projets de rénovation

Alors que l’école, de la maternelle au lycée, est au cœur des enjeux de diversité sociale dans les quartiers du PNRU, l’intervention sur les équipements scolaires dans les quartiers de rénovation urbaine n’a pas l’ambition qui devrait être la sienne pour accompagner une réelle reconquête de l’attractivité des territoires. Malgré tout, les exemples d’actions de qualité existent. Certaines villes ont su ainsi articuler l’action sur le bâti avec des politiques scolaires innovantes. Quoi qu’il en soit, la mixité des populations scolaire reste trop rare.

L’articulation entre l’urbain et le social dans les quartiers en rénovation urbaine

La sectorisation des programmes nationaux, menés par les deux agences ANRU et ACSÉ a institutionnalisé la séparation de l’urbain et du social. Ainsi, bien que les situations locales soient très diverses, seules quelques collectivités parviennent par la force d’un projet intégré de territoire ou par les relations interpersonnelles des acteurs à mener une articulation au bénéfice de la cohérence des actions menées.

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